Professionnel

Jeudi 20 mars 2008

T-D96.jpg Bonjour,

 

Je reprends un peu la plume sur le blog pour vous donner le lien vers une publication que j'ai grandement rédigée (Tout excepté l'édito et le 4ème de couverture) lors de mon dernier mois de stage chez Frères des Hommes : Témoignages et Dossiers. Son objectif est de synthétiser en quelques pages un projet (terminé) mené par FDH et ses partenaires.

 

Si le numéro de septembre était consacré aux Philippines, celui de décembre 2007 se porte sur le Pérou et le projet mis en place par le Consorcio Junin, qui a fait l'objet de nombreux articles sur ce blog. Nous retrouverons donc le contexte dans lequel le projet a été mis en place, quels en étaient les objectifs, les activités et les résultats. Mais ce qui donne tout son charme a cette publication et bel et bien la place accordée aux personnes ayant travaillé ou bénéficié du projet à travers 3 témoignages qui, je l'espère, sauront résumer l'état d'esprit du personnel sur place, et l'importance de tels projets pour les populations bénéficiaires.

 

Voici donc le lien. N'hésitez pas à laisser vos commentaires et à le diffuser à un maximum de gens. Et si l'envie vous prenait de vouloir faire un don à FDH, c'est possible. Reportez-vous au coupon interne...

http://www.france-fdh.org/presentation/publication/TetD/TetDdec2007.pdf

 

Bonne lecture

 

PS : Le prochain sort dans quelques jours, destination le Sénégal.

Par Romain Ferretti
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Samedi 9 février 2008

Bonjour à tous,

Comme la majorité d'entre vous le savent, je suis à la recherche d'un emploi en tant que chargé de projets de solidarité internationale. J'ai donc mis en ligne mon CV ici sur le blog (ou sur le lien à droite de l'écran)Il est aussi téléchargeable en format PDF (nettement plus beau car aucune contrainte technique imposée par le blog) ici.


N'hésitez pas à me contacter si mon profil vous intéresse.

Par Romain Ferretti
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Vendredi 9 novembre 2007

P5130034.JPG Grande journée à Huallquin en ce lundi 5 novembre 2007. Avec près de 5 mois de retard, le maire a tout de même tenu ses engagements : fournir aux producteurs de lait de cette annexe de Huaricolca un capital productif de qualité pour la toute nouvelle usine de produits laitiers, inaugurée en juin dernier. Car malgré une main d’œuvre formée et une matière première locale de qualité, les producteurs ne pouvaient concrètement avancer sans les 60 moules, l’écrémeuse, le batteur, le pasteuriseur et les deux louches financées par la mairie.

 

S’ils sont si fiers de leur nouveau matériel, c’est qu’ils savent que dorénavant ils sont davantage maîtres de leur développement. Ces ustensiles de vont enfin leur permettre de faire tourner une usine synonyme de diversification économique. Car Huallquin n’accueille traditionnellement pas les vaches laitières. Il est plutôt spécialisé dans la production de pommes de terre et d’olluco, autre tubercule. Mais face à la concurrence local et régionale énorme, ses habitants ne pouvaient continuer à assister à la baisse des prix… Pourquoi pas le lait leur propose alors il y a trois ans l’antenne locale du ministère de l’agriculture ? L’organisme se chargera même de offrir les premières formations dont les effets en terme d’augmentation de la productivité ne se font pas tarder : les 6/7 litres produits quotidiennement par chaque vache laissent aujourd’hui place à une moyenne de 15 à 18 litres.

 

P5130027-copie-1.JPG Ce sont donc des producteurs comme Magno Benito Durand, déjà sensibilisés et partiellement formés, que le Consorcio Junín découvre en janvier 2007. Le projet s’offre alors de construire une usine de produits laitiers locale, et de fournir les formations adaptées portant sur l’élaboration de yoghourts et de fromages. Les producteurs sont tout de suite conscients du bien que leur apporterait un tel projet. Ils s’impliquent dans sa mise en place et demandent à la mairie de fournir le capital productif.

 

L’usine en fonctionnement sera à leurs yeux le point d’orgue d’un processus de développement qui porte déjà ses fruits. D’une part, la diversification vers la production laitière permet aujourd’hui de ne plus être dépendant des cours de la papa, stabilisant leurs revenus. D’autre part, l’achat du lait par la nouvelle usine permet à la fois de ne plus aller au district capital de Tarma pour écouler sa production, et d’obtenir un revenu régulier indépendant de la demande en lait, variable. Comme l’explique Magno, « aujourd’hui je peux payer l’école à mes enfants et leur offrir des repas de meilleure qualité. », diminuant mécaniquement le taux de malnutrition distrital.

 

P5130035.JPG Enfin, cerise sur le gâteau, la vente de produits plus élaborés (fromages et lait principalement) permettra d’accroître les revenus des producteurs. Car si la demande est bien réelle, la production l’est aussi. Avant la remise du matériel par la mairie, la production n’avait recours qu’à 200 litres de lait par jour, principalement dédiés à la production de yoghourt, fautes de moules. Dorénavant, la production pourra atteindre les 1 000 litres quotidiennement, et pérenniser une usine déjà rentable et autonome. 

 

Maintenant qu'ils peuvent « continuer tous seuls », les producteurs de Huallquin veulent faire partager cette expérience à leurs collègues des autres annexes du district de Huaricolca, encore peu sensibilisés à la production laitière. Ils comptent aussi sur eux pour fournir plus de lait à l’usine dans les prochaines années. Le projet, ce « cadeau de Dieu » comme le résume Magno, aurait alors un impact non seulement sur la population ciblée, mais aussi sur les zones avoisinantes.
Par Romain Ferretti
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Mercredi 7 novembre 2007

P5130012.JPG Le lendemain, levé 7h00 pour une visite du projet à Tarma. Au cours de ces 3 mois, je ne m’étais jamais rendu dans cette province, pourtant zone ciblée par le Consorcio avec la province de Concepción. Au programme : remise du plan de développement  économique local au maire, puis visite de producteurs de papas, cuyes et fleurs.

 

Le voyage de la veille ayant laissé des traces, nous sommes tous un peu fatigués, mais fort heureusement la nouvelle route reliant Jauja à Tarma nous offre un voyage plus calme que la veille, ce qui, je suppose, ne déplût pas à Odile et Isabelle. Pendant quasi deux heures nous passons donc par divers paysages : des champs d’alcafochas (= artichauts) de Concepción au lomo largo, surnom donné par la population au paysage désertique local, en passant par des mini gorges bordées par une rivière… Bref encore une fois sur près de 110 kms, nous avons pu goûter à toute la diversité du paysage andin.

 

Après un petit-déjeuner qui a plus consisté à attendre les plats qu’à se nourrir, nous filons à la municipalité provinciale où Odile et Isabelle sont invitées à partager quelques mots avec le maire, apparemment très dynamique. Puis direction la salle des actes où Jackie, responsable de la composante « Plan de développement concerté et budget participatif » du projet, a prévu de remettre le plan de développement économique local a la municipalité provinciale. Bien que cette partie soit normalement du ressort de la composante « Développement économique local » elle s’en sort très bien, et expose pendant une vingtaine de minutes le contexte économique locale et les 7 sous-secteurs économiques dégagés tout au long du processus, qui en tout et pour tout, aura duré moins d’un an. Ce document a pour objectif de donner aux autorités locales un cap à suivre à moyen terme (de 3 à 5 ans selon la municipalité). C’est donc très logiquement qu’il est remis au maire. 

 

La cérémonie, très « officielle » comme je les aime, prévoit aussi la mise en place d’un Comité de suivi du plan de développement économique local, chargé de faire respecter le document et constitué de représentants de chaque sous-secteur économique identifié ainsi que de représentants des autorités locales et associatives. Dans un second temps, le maire provincial, en sa qualité de coordinateur intérimaire fraîchement « élu », s’engage à appliquer le plan et fait jurer à chacun des membres du comité son engagement. Si je m’attarde un peu sur ces détails c’est que la remise de ce plan a vraiment pris une tournure ultra officielle, qui m’a énormément étonné, et qui, je l’espère, sera suivie d’actes et de projets. Néanmoins, je ne comprends pas pourquoi un comité a été créé alors que justement une sous gérance du DEL existe en ces lieux. Une réponse possible serait que justement le comité, de par sa formation hétérogène, servirait d’organisme de contrôle des décisions et actions mises en place para la sous gérance, seulement constituée de fonctionnaires municipaux.

 

Après ces 3 heures cérémoniales, Abelardo nous emmène sur les hauteurs de Yanama, dans le district de Palca, afin de rendre visite à des éleveurs de cuyes et de papas. De nouveau, nous visitons une serre de semences de papas… L’éleveur de cuyes nous explique quant à lui que maintenant il s’occupe mieux de ses bêtes, en grande partie grâce aux formations reçues par les membres du Consorcio. Il sait désormais quoi utiliser comme médicament afin de lutter contre les parasites et la salmonelle, ennemis des cochons d’Inde. Les producteurs de Yanama nous offrent très gentiment le déjeuner, constitué de papas, habas (= fèves) et bien entendu de cuyes. Ces derniers ne semblent pas du goût d’Odile et Isabelle, et, de mon côté, je me retrouve de nouveau avec un sac d’os mais aucune viande à manger. On a beau me dire depuis le début de mon stage que c’est un plat riche et raffiné, je n’en vois toujours pas la couleur. Les américains et japonais qui en importent eux doivent la voir… Et pour clore le tout, les producteurs nous offrent une caisse de cerveza (= bière), soit 12 x 675 mL = … près de 8 litres de bière pour 5. Si c’était de trop pour nous, on s’est vite rendu compte qu’après notre visite de l’élevage de cuyes, une bonne partie avait été descendue.

 
Nous redescendons sur Palca le ventre plein, entre la chaleur ambiante et les manœuvres d’Abelardo pour nous ramener à bon port. Mais auparavant, Elmer, coordinateur de la composante « Développement agricole » veut nous montrer les champs de fleurs et les serres de semences de fleurs et papas construits par le projet. Je profite de nouveau de l’occasion pour interviewer deux producteurs, entretien que j’ai déjà résumé dans un post précédent.

 

Retour à Tarma, où je dois retrouver mes collègues locaux, Cesar et Adela, qui de passage dans le coin, s’étaient proposés de me ramener à Huancayo. Odile, Isabelle et Abelardo passant la nuit sur place, je me P5020052.JPG sépare d’eux, les remerciant de m’avoir associé pendant ces quelques jours à ces visites terrain, tellement utiles pour appréhender au mieux les nécessités et solutions possibles locales.

 

Bilan de ces 3 jours : beaucoup de choses apprises aussi bien sur le projet que sur une profession à laquelle je pourrais peut-être me destiner, mais aussi des doutes, aussi bien sur le crédit à apporter aux propos des uns et des autres, que sur le projet.

Par Romain Ferretti
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Mardi 6 novembre 2007

P1010065.JPG Les deux dernières semaines ont été marquées par des avancées significatives dans la rédaction du futur guide.

 

Avec César nous avons mis au point une fiche technique de recueil de données productives, validée par un représentant du MINCETUR (1) qui est maintenant entre les mains des 15 gérants ou sous gérants du DEL de la province de Concepción. Ceux-ci ont environ 3 semaines pour la remplir …

   

Mais la remplir ce n’est pas si simple, car soit les données n’existent out simplement pas, soit les sous gérants ne sont pas habitués à donner ce genre d’informations… Lors d’une réunion il y a une semaine et demie, j’ai donc obtenu que les OPDs (2) s’engagent à aider les sous gérants au cas où ces derniers rencontrent des problèmes pour remplir le document. En gros, s’il lui manque des données, le sous gérant en réfère au coordinateur de sa mancomunidad (= communauté des communes), qui lui transmettra les coordonnées du directeur d’une des 3 OPDs pouvant lui être utile. Et comme ici, voire comme partout, l’administration prend son temps, on a l’appui du gouvernement régional pour faire pression sur ces mêmes directeurs, au cas où ils ne tiennent pas leur parole.

   

Autre « petite » réunion mercredi dernier 31 octobre, cette fois pour voir quelles données générales, présentes dans un document sur l’économie provinciale déjà rédigé, peuvent s’avérer utiles dans le futur guide d’investissement. Pendant 3 heures, nous avons, non sans mal, sélectionné des tableaux, graphiques et informations, tout en prévoyant les changements à apporter pour leur donnée une légitimité dans le futur document. Bien entendu, une autre réunion sera nécessaire pour continuer cette sélection.

   

Enfin, à la question « Comment finance-t’on le guide ? », nous sommes justement en train de voir tout ça avec le membre de l’équipe technique responsable du financement du projet. Apparemment, une piste toujours intéressante est le recours aux grosses compagnies minières, qui, conscientes de leurs lacunes sociales, sont les premières à appuyer ce genre de projet. Cette communication institutionnelle laissera place ensuite à une polémique bien présente ans le milieu du développement : est-il légitime de demander, par exemple, à Total de cofinancer un projet de développement quand on connaît l’impact global de son activité sur ce même développement ? Toujours est-il que d’autres pistes, plus étatiques, sont à l’étude.

   

Voilà, un petit tour d’horizon des avancées de ce guide … Bravo à ceux qui auront lu ce post jusqu’au bout ! Non qu'il soit très long, mais le processus en soit, bien qu'ayant un objectif éminément important pour ville, n'est pas d'un intérêt flagrant.

 


(1) Ministère du Commerce Extérieur et du Tourisme (voir posts précédents)

(2) Organismes Publics Décentralisés (voir posts précédents)

Par Romain Ferretti
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Samedi 3 novembre 2007
P4300016.JPG Il y a environ une semaine et demi, des collègues (bon, ok, je ne suis que stagiaire…) de Frères des Hommes sont venus au Pérou pour voir les résultats du projet Consorcio Junín, que l’association a cofinancé.
 

Après un rapide séjour à Lima où elles ont pu rencontrer des représentants de l’Union Européenne (autre cofinanceur), et surtout les directeurs des 3 ONGs péruviennes implantant le projet, elles sont arrivées à Huancayo. L’objectif de ces quelques jours étaient de voir sur le terrain comment concrètement les fonds ont été alloués, et quel a été l’impact des activités inhérentes au projet sur la population locale.

   

C’était l’occasion pour moi d’une part de retourner dans la sierra, car, bien que m’étant déjà rendu à Cochas et Comas, je n’avais pas eu beaucoup m’occasion pendant mon séjour de rencontrer les producteurs et animateurs du projet. D’autre par, je pouvais voir en quoi consistait une mission « d’évaluation », bien que le terme est à manier avec des pincettes. Enfin, j’ai pu rencontrer la nouvelle chargée du suivi de projets de FDH, Isabelle, fraîchement recrutée.

   

Le lundi, mes collègues ont pu goûter aux joies des réunions sans fin, puisque était organisée une réunion sur l’avancement des l’articulation de la future aide qu’apporteront les OPDs au sous gérances du DEL de la province de Concepción. Thème vaste et compliqué que je tente de résumer ainsi : comment, alors que le projet se terminait dans quelques jours, les autorités locales et les représentations ministérielles locales pourraient travailler ensemble et assurer une viabilité au projet ? (J’ai bien dit : « Je tente »). Et justement, pour appréhender ce genre de réunion, il faut un minimum de connaissances, pas nécessairement techniques mais surtout contextuelle, sur ce nouveau sujet qu’est le DEL. C’est donc très logiquement que mes collègues se sont vite senties perdues dans tout ce déballage d’informations. Ca m’a un peu rappelé ma toute première réunion à Mito, quand, après un voyage de près de 30 heures pour rejoindre le Pérou, un break d’un jour, puis un voyage de nuit de  7 heures en bus pour rejoindre Huancayo, j’enchaînais directement le matin avec une réunion similaire … qui allait durer 5 heures, sans rien y comprendre tant tous ces termes me semblaient barbares. Cette réunion a été l'occasion pour moi de présenter l'avancment du futur guide d'investissement de la province de Concepción.

 

L’après-midi, nouvelle réunion, plus soft, avec le responsable de la composante « développement agricole » du projet. Il fit le point sur les résultats, s’appuyant sur les indicateurs du cadre logique (1) tels que le nombre de personnes ayant bénéficié de la construction d’un canal d’irrigation, d’une serre, ou d’une usine de transformation (de la pomme de terre ou du lait). Réunion fort intéressante, où tout semblait néanmoins « tout beau, tout joli ». 

   

Le mardi a été consacré à la visite de certaines des installations financées par le projet à Comas, à savoir un canal d’irrigation justement, et deux usines de traitement du lait. Sans entrer dans les détails, ces nouvelles structures ont toute comme impact commun de stabiliser les revenus des producteurs, voir de les augmenter. Je profite du passage d’une productrice locale pour m’éloigner un peu du groupe et l’interviewer, en vue d’une prochaine publication de Frères des Hommes (autre mission de mon stage ici). J’apprends que bien que non bénéficiaire officielle du projet, elle a pu tirer un impact positif de celui-ci, grâce aux nombreuses pompes qui permettent d’irriguer un versant de la montagne où justement elle a des chacras (= terrains). Bonne nouvelle donc que d’apprendre que le projet a des externalités positives non prévues.

   

La matinée s’enchaîne avec une visite des deux usines de traitement du lait, et comme j’ai un peu tardé avec mon interview, Abelardo, coordinateur général du projet, vient me chercher avec la camionnette (merci !) pour rejoindre Odile et Isabelle. Manque de bol, on crève en chemin, et c’est sous un petit crachin que je marche pendant une heure pour rejoindre les filles, histoire de demander un coup de main à leur accompagnateur, qui lui possède un cric. L’occasion de discuter avec des habitants, qui tant bien que mal tentent de ne pas salir leurs vêtements et chaussures dans toute cette boue… En effet, la route n’est pas asphaltée, et en cours de nivellement. Je me rends compte une nouvelle fois que le projet bénéficie d’une certaine popularité dans la zone. Une heure plus tard, je retrouve tout ce beau monde, qui justement en a fini avec la visite de cette première usine. Direction la seconde usine, plus proche, et tandis qu’un collègue d’Abelardo part lui filer un coup de main, nous discutons avec le directeur/producteur de la 2nde usine, qui nous explique encore une fois que le Consorcio a été d’une aide précieuse car il a permis de trouver des débouchés plus sûrs à la production laitière locale. Là encore je vous passe les détails, mais l’infrastructure semble à première vue respecter des règles d’hygiène de base, chose impossible jusqu’à l’arrivée du projet, pour cause de manque de formations et d’argent. J’essaie une nouvelle fois de m’éloigner du groupe afin de discuter avec des producteurs de lait, mais sans succès : ils sont tous dans leur champs. 

 

Le mardi après-midi est normalement consacré à la visite de la planta de procesamiento de la papa de Cochas (= usine de traitement de la pomme de terre), dont j’ai déjà rédigé un post. Connaissant le lieu et la thématique, j’avais au préalable demandé à Abelardo si je pouvais plutôt me rendre à une autre zone ciblée par le projet, Mariscal Castilla. Pendant qu’Odile reste à Cochas, je pars donc avec Isabelle et Abelardo, direction ce district situé entre deux monts qui a la chance de posséder une partie sierra, et une partie selva (que je ne connais malheureusement pas). Le maire et le sous gérant du DEL nous font alors découvrir l’élevage de truites appuyé par le Consorcio. Dans deux bassins 20 x 5 mètres environ, nagent près de 5 000 truites, réparties dans 5 mini bassins, selon le stade d’élevage. Apparemment, le négoce marche suffisamment bien pour que les gérants pensent à créer d’autres bassins, augmentant ainsi sensiblement leur production.

   

Un petit tour en 4x4 et nous voici, toujours à Mariscal Castilla, en train de discuter avec un éleveur de poules, qui a quelques griefs à formuler à l’encontre du projet. A l’instar de 7 autre éleveurs, des poules devaient lui être livrées des mois auparavant, et ce ne fût pas le cas. Là se pose le grand problème d’une mission d’évaluation : quel crédit accorder aussi bien aux propos des animateurs d’un projet, pour qui en général tout se passe bien, ainsi qu’à ceux des producteurs, qui ont aussi leur rôle à jouer dans la réussite ou l’échec d’une activité ? Toujours est-il que cette entrevue me laisse dubitatif …

   

Retour à Cochas, histoire de régler 2-3 points pour le guide (vous vous souvenez ?) avec le sous gérant du DEL local, et nous rentrons tous ensemble sur Huancayo. Une journée qui si elle s’est avérée bien fatigante pour nous, l’a été encore plus pour notre chauffeur du jour, Abelardo … Ne nous restait plus qu’à se reposer pour être de bon pied le lendemain et notre visite à Tarma.

 

(1) Document présenté sous forme de tableau donnant les objectifs du projet (général et spécifiques), ses résultats, les indicateurs de mesure des résultats, et les hypothèses pouvant entraver l’atteinte de ces résultats.

 

Par Romain Ferretti
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Samedi 27 octobre 2007

Tout a commencé par une visite chez les directeurs des communautés de producteurs de Palca (province de Tarma) en janvier 2006. Celso n’était pas là, mais il est rapidement prévenu qu’une ONG a prévu d’aider les producteurs locaux à augmenter leur production de papas à travers la mise en place d’une serre et de formations techniques. Les semences améliorées offriraient un gain non seulement quantitatif mais aussi et surtout qualitatif. Il en parle alors à son collègue Modesto, spécialisé dans la production d’œillets et de glaïeuls. Le projet se découvre alors un second axe de travail dans la région, en construisant une serre pour la croissance de plantules de fleurs …

 

S’ils se montrent dès le début très intéressés par le projet, c’est que chacun doit faire face à une concurrence clairement définie qui nuit depuis plusieurs années à leur négoce. Les producteurs de papas de la région de Junín souffrent en effet de l’arrivée sur le marché de la papa de Lima, tandis que leurs collègues producteurs de fleurs ne peuvent vendre dans la capitale car Colombiens et Equatoriens, offrant des choix de couleurs et des quantités toujours plus nombreux, raflent la très grande majorité du marché.

 

L’entreprise est donc séduisante pour les différentes communautés de producteurs dont Celso et Modesto font partie. Cependant, les conditions sont posées dès le début par le Consorcio : il faudra dans un premier lieu se regrouper au sein d’une association de producteurs, et dans un second lieu, apporter une partie des matières premières nécessaires à la construction de ces deux serres.

 

Si cela peut paraître à première vue contraignant pour des personnes déjà pauvres, c’est la méthode choisie par les coordinateurs du projet pour les responsabiliser. Et cette coparticipation financière au projet fait très vite des déçus : en quelques semaines le groupe de producteurs intéressés passe de 60 à 14.

 

Une fois ces garanties apportées, la construction de serres commence avec l’aide de ces mêmes producteurs, bien conscients que l’amélioration de leurs conditions de vie passe aussi par leurs propres volonté et efforts. Le Consorcio fournit ensuite les premières plantules, achetées auprès des laboratoires de l’INIA (1) pour les pommes de terre, et en Hollande pour les fleurs. Mais si l’approvisionnement en semences améliorées (et non modifiées) est une chose, les bichonner en est une autre, que justement les diverses formations auxquelles participent les producteurs veillent à enseigner. Enfin, tous les 20 jours en moyenne, un ingénieur du projet vient contrôler l’évolution du travail des producteurs, afin que les semences une fois arrivées à maturité puissent être plantées dans les meilleures conditions possibles dans les champs voisins jusqu’à leur future récolte. 

 

P5020046.JPG Et les premières conséquences se font vite sentir. Celso découvre des pommes de terre plus rondes, plus grosses, meilleures et « qui ne sont plus déformées » tandis qu’à Lima les fleurs de Modesto, dont le cycle de production est beaucoup plus court, commencent à se faire connaître. Mais d’une manière générale, les deux producteurs sont unanimes pour dire que maintenant ils peuvent planifier et investir, première étape vers le développement autonome de leur activité.

   

Si la production s’améliore, le niveau de vie suit aussi la même dynamique. Modesto peut enfin envoyer ses deux enfants étudier à Lima, tandis que Celso achète du lait, chose difficile auparavant.

   

Mais plus qu’un impact productif et social, le projet aura permis d’unir davantage les agriculteurs. Aujourd’hui, il existe une réelle complémentarité entre les deux cultures, puisque, pour ne fatiguer la terre, les agriculteurs pratiquent la rotation de culture, ce qui se matérialise concrètement par le fait qu’un producteur de papas prête son terrain à un producteur de fleurs et vice-versa. Et quand un producteur a un problème financier, c’est son collègue qui lui prête, « sans intérêts ».

   

Continuer sans le Consorcio ne leur fait pas peur, et les idées ne manquent pas. Entre l’achat par l’association d’un troupeau de 40 moutons qu’ils peuvent revendre en période de vache maigre, ou l’élevage de 5000 cuyes dans les deux nouveaux hangars qu’ils ont construit, les projets ne manquent pas.

   

Maintenant que le projet se termine, Modesto, Celso et les 12 producteurs de papas et fleurs de Palca en sont convaincus : les responsabilités accordées tout au long du projet, les nouveaux contacts qu’ils ont pu nouer auprès des autorités, mais surtout leurs nouvelles compétences productives leurs permettent aujourd’hui de rivaliser avec la concurrence liménienne ou colombienne. Reste à mettre tous ces facteurs positifs au profit de cet objectif. PRODAA, l’entreprise commerciale qu’ils ont créé, en est sûrement un des moyens.

 
Photo : à gauche, Celso; à droite : Modesto.


(1) Instituto Nacional de la Investigación Agraria, équivalent de l’INRA en France.

Par Romain Ferretti
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Mardi 23 octobre 2007

Journée très intéressante pour les producteurs de Mariscal Castilla. En effet, le 18 octobre ils ont pu se rendre au centre d’expérimentation de l’INIA, l’Institut National de la Recherche Agronomique péruvien. Pendant toute une journée, différents ingénieurs agronomes du centre  leur ont permis de découvrir les derniers progrès de la recherche péruvienne en matière de production agricole, en particulier les artichauts, les fruits et les cuyes (1)

   

Ces échanges d’expériences sont devenus très fréquents depuis que le Consorcio Junín s’est implanté dans la région. Auparavant, les relations entre producteurs et OPD (2) étaient très limitées du fait d’un manque de coordination local. Il aura donc fallu l’intervention d’un tiers, les gérances de développement économique local, mises en place par le projet, pour amorcer un dialogue qui chaque jour s’annonce toujours plus fructueux entre chercheurs et producteurs. 

 

La pasantia (3) est ainsi l’occasion pour eux de creuser certaines techniques de production, d’exposer leurs problèmes quotidiens, et de tirer de cette journée des bénéfices directs en matière de formation. L’objectif est double : améliorer la rentabilité de sa production, sans pour autant la fragiliser la terre. 

 

Mais si une expérience comme celle-ci reste très positive, les producteurs de cuyes de Mariscal Castilla n’en demeurent pas moins critiques quant à l’évolution du projet dans leur district. Ils expliquent ainsi que, bien que des spécialistes soient venus au cours du deuxième semestre 2005 leur fournir des cuyes sélectionnés pour leur forte rentabilité, cet acte n’a malheureusement pas été accompagné de l’assistance technique requise. Car élever des animaux améliorés impose d’adapter son mode d’élevage, chose que les producteurs n’ont pu mettre en pratique faute de formation appropriée. Et la conséquence fût immédiate : quelques mois plus tard, c’est tout le cheptel qui était décimé par la salmonelle. 

  

C’est justement ce type d’erreur que le rapprochement entre OPD et producteurs tente d’effacer, afin d’offrir aux agriculteurs et éleveurs de Mariscal Castilla et des autres districts de la province de Concepción les meilleures conditions de production du pays. Avec pour ligne de mire une augmentation réelle de leurs revenus … 



(1) Cochons d’Inde

(2) Organismes Publics Décentralisés. Représentation locale, provinciale ou régionale bien souvent d’un organisme étatique national ou d’un ministère.

(3) Echanges d’expérience

Par Romain Ferretti
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Jeudi 18 octobre 2007

R--so.jpg Au-delà du guide qui suit toujours (lentement) son cours, je me consacre un peu plus à la recherche de pistes d’information pour Résonances, la réunion du comité éditorial pour la sortie du prochain numéro sur l’Amérique Latine approchant à grands pas.
 

Et Dieu sait qu’il y en a des choses à proposer : de la manifestation du personnel hospitalier régional pour recevoir leur paye, en passant par le carnaval organisé en février prochain à Chilca par les desplazados de Huancavelica, la radio communautaire d’Arequipa où deux québécitudes rencontrées pendant le trekking travaillaient, ou encore les formations aux droits des personnes organisées par l’IIDEP, une ONG située dans le même immeuble qu’ADEC-ATC, ou encore une ONG de Huancavelica manifestant contre l’implantation d’une mine et ses effets néfastes sur l’environnement … il y a de quoi voir venir. 

   

Mais si avoir l’idée est une chose, concrétiser ces prises de contact en est une autre. Entre le numéro de téléphone bidon donné entre deux interviews par un représentant syndical, le mois entier pour répondre à un premier email de contact, ou encore les réponses du style « un journaliste objectif et sérieux devrait aller sur le terrain pour se rendre compte de la réalité », le nombre de proposition se restreint assez souvent.

     

Heureusement il reste les rencontres fortes comme avec cette communauté de dezplazados justement, super contents que l’on puisse parle d’eux, comme ce fût très brièvement le cas dans le dernier Résonances latinoaméricaines (rubrique « coopérer »). Toujours prêts à répondre aux questions ou à envoyer des documents … Et qui vont même plus loin en te proposant un petit match de foot ou un picante de cuy, auquel je n’ai toujours pas eu la chance de goûter par manque de temps. 

  

Il faut donc sans cesse relancer pour obtenir l’information qui sera susceptible de plaire au comité de rédaction, et, je l’espère, aux lecteurs de Résonances. Mais quelle joie quand on apprend que justement une des propositions va faire l’objet d’un article en France. Car cette recherche de pistes est super intéressante. Elle nous force à s’intéresser davantage à l’actualité, partant d’une petite information pour en dénicher une plus grande, événement temporaire ou activité continue, mis en place par la société civile, dont l’objectif est toujours d’aider les populations locales à se développer.

     

Et justement, en ce moment, il me faut rassembler toutes ces idées, en veillant au préalable à fournir des pistes fiables et sérieuses que soit moi, soit une collègue approuve. En espérant que ce travail payera et que les lecteurs du bulletin mensuel soient toujours informés au mieux des actions civiles menées partout dans le monde. 

 

Pour lire les derniers numéros de Résonances, cliquer ici.

Par Romain Ferretti
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Lundi 15 octobre 2007

Après des débuts difficiles, qui font eux aussi parti du quotidien ici et dont malgré ce que peuvent penser les uns en lisant mes précédents posts je m’habitue et respecte, le processus est bien lancé, et ce grâce à une très forte participation de certains sous gérants du DEL (Développement Economique Local) de la province de Concepción, en particulier Pilar, que je n’ai pas manqué d’interviewer …

 

Nous avons déjà notre plan, et la fiche technique de recueil de données techniques est en cours de finalisation. Afin d’avoir l’appui institutionnel du Ministère du commerce extérieur et du tourisme (MINCETUR) à Lima, nous devons leur faire parvenir cette fiche et obtenir leur assentiment avant de la dispatcher à tous les gérants et sous gérants du DEL de la province.

 

            Revenons très rapidement sur cette réunion de lundi et mercredi derniers qui ont été très productives. Lundi, nous avons pu prendre 1 heure de la formation de 3 jours qu’allaient recevoir ces personnes pour avancer dans le guide. Chaque aspect de la fiche que nous avais amené le représentant de la DIRCETUR a été analysé, et souvent réajusté selon les impératifs du guide. C’était l’occasion pour moi de découvrir que les formations précédentes auxquelles avaient assisté les fonctionnaires municipaux chargés du DEL ont semble t’il été bénéfiques. Je voyais en chacun d’eux une force de proposition, formée à ce type d’activité, et, par la même, efficaces dans leurs analyses et suggestions. Bien que la majorité d’entre eux ait déjà une formation économique ou une formation généraliste leur permettant d’être efficaces dans ce genre d’exercice, il ne fait aucun doute que le Consorcio Junín a joué un rôle dans cette participation.

 

            Par manque de temps nous avons terminé cet exercice d’analyse des données techniques à demander aux 15 sous gérants du DEL de Concepción le mercredi en comité plus restreint. Cela a en outre été l’occasion de mettre au point le plan du futur guide. Très bonne ambiance de travail, où j’étais un peu l’attraction, avec pas mal de questions sur Paris, le foot, la démocratie sur place, l’intérêt des investisseurs à venir s’implanter au Pérou. La cerise sur la gâteau a été l’invitation à participer à un tournoi de foot local le 19 octobre avec l’équipe des sois gérants et gérants du DEL des différents districts de Concepción. Quand le personnel et le professionnel se mélangent, pour l’instant, c’est plutôt marrant !

 

            Je vous épargnerai cette fois donc les détails des ces réunions, mais, si les débuts ont été laborieux, la rédaction du guide se met doucement mais sûrement sur ses rails, et ce très logiquement grâce à l’implication des fonctionnaires distritaux chargés du DEL. Nous travaillons actuellement avec César, collègue du Consorcio, pour rendre la fiche technique facile d’accès, afin que le futur recueil de données soit plus simple pour chacun des sous gérants des 15 districts de la province. Plus particulièrement, 5 d’entre eux sont chargés de coordonner cette étape dans chacun des 4 communautés de districts de Concepción.

 

Si vous souhaitez obtenir plus de précisions sur cette mission et son avancement, n’hésitez pas à me contacter : romainferretti@yahoo.fr.

Par Romain Ferretti
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