Après
avoir visité la vallée sacrée, le soir même, nous prenons un bus direction Puno. La ville se situe au sud est du Pérou est constitue la limite du territoire entre le Pérou et la Bolivie, à
4000m d’altitude. Mais un grand lac sépare les deux pays, et pas n’importe lequel, puisque c’est le plus haut lac au monde !
Après avoir dit adieu à Cuzco, nous prenons la route à travers la Panaméricaine, route entièrement asphaltée pour notre plus grand bonheur. On commençait à en avoir un peu marre des sentiers sur la montagne qui nous secouaient comme des pruniers … là nous avons pu nous endormir, dans un bus très confortable. La route nous a paru du coup très rapide, car rajouté au luxe du siège inclinable, la fatigue était bien présente également !
Il faisait froid dans le bus malgré le chauffage et les couvertures, mais l’arrivée était encore plus glaciale… Débarquant à 4h du matin, alors que l’arrivée était prévue plus tard (mais grâce à l’état de la route, on gagne facilement 1h), nous devions attendre, sous les vives recommandations de Cheshire the cat, qu’une personne vienne nous chercher. En effet, l’arrivée à Puno était prévue dans notre forfait conclu à Cuzco. Le temps de récupérer les bagages, qui avaient considérablement pris de volume depuis Ayacucho, qu’un partenaire de l’agence de voyage vient nous chercher et nous nous rendons en taxi à un hôtel. Il nous explique que nous quittons la ville a 8h du matin direction le lac Titicaca, ce qui fait que comme nous ne voulons pas payer une chambre juste pour 3h nous devons attendre gentiment dans le salon. Nous en profitons pour troquer nos vêtements légers contre quelques couches plus chaudes… Il fait un froid de canard, et après les températures chaudes de la selva c’est assez dur de descendre à 2 degrés …
Après avoir pris un déjeuner à 5 soles, un combi vient nous chercher, et nous faisons le tour des hôtels pour récupérer les membres du Titicaca’s travel. Puis nous
embarquons dans un petit bateau de plaisance, où les sièges sont des bancs disposés en U, donc pas moyen de rester tranquille dans son coin et pas possible non plus de trouver un coin pour poser
sa carcasse fatiguée. Au départ, sous l’effet de la pollution, le lac était couvert d’une épaisse couche verdâtre qui heureusement se dissipait à mesure que nous nous éloignons des côtes. Même à
cette altitude, la pollution dans les villes atteint un niveau alarmant ! Il faut dire que la conduite très nerveuse, et l’état des épaves qui roulent n’arrange pas les choses !
Puis nous nous sommes baladés sur ce petit bout de « terre » et durant une heure, nous discutâmes avec les femmes qui ne manquèrent pas de nous présenter leurs produits. Une femme nous raconta qu’elle quittait que très rarement l’île, et ce sont surtout les hommes qui travaillent en « métropole », en vendant le fruit de leur pêche par exemple.
Le seul animal là bas, mis à part les poules, était un chat. Et pourquoi ? Parce qu’apparemment, à force d’allers et venues, les bateaux de touristes ont ramené des rats qui rongent les cannes. D’où le chat qui se régale ! De plus, tout était fait en roseaux … le sol, les maisons et même la cabine téléphonique ! Cette dernière fonctionnait à l’aide d’un panneau solaire. Certaines familles plus riches que d’autres, disposaient d’un panneau solaire leur offrant l’électricité et l’eau chaude, mais pour les autres, les repas se font sous les bougies.
Nous reprenons le bateau, et là ce sont 3 heures fatigantes et lentes qui nous séparent d’Amantani. Dans la cabine il fait chaud et l’on ne peut pas dormir, mais dehors le vent souffle. Après la diarrhée, le rhume fait son apparition, et mon nez se transforme vite en patate qui pèle. Romain, lui, a déjà passé tout ça, alors il le vit mieux que moi…
Nous
arrivons enfin sur l’île. Là, encore une fois, les femmes viennent nous accueillir. Nous allons y passer la nuit, et chacune d’elle accueille un binôme. Flora sera notre hôte. Par
malchance, sa maison se trouve en haut de l’île alors on a bien du mal à suivre cette femme qui grimpe comme une chèvre tout en tricotant. Arrivés là haut, nous découvrons une grande maison mais
avec un confort rudimentaire. Là on va réellement vivre à la péruvienne, même si, comme partout, il y a différents niveaux de catégories sociales. Cependant, cela donne un aperçu quand même (et
une leçon d’humilité au passage). Pendant que Flora s’active en cuisine, nous nous installons dans la chambre prévue pour les touristes. Nous sommes agréablement surpris de trouver
tout ce dont nous avons besoin et il y a même de la lumière … fonctionnant avec des piles ! Une fois que le repas est prêt (au bout d’1h30 !) nous mangeons avec avidité une superbe
soupe à base de légumes et de quinoa, sorte de blé. Puis nous mangeons des carottes et des pommes de terre avec un mixe de légumes et de fromage … repas très riche qui nous remet
d’aplomb.
Petite conversation avec Flora, son frère et leur mère, puis nous partons à la découverte de l’île en laissant nos amis touristes avec le groupe. La nature y est sauvage et pas propice à la culture à 1ère vue, puisque tout y est sec et il n’y a que des herbes et ronces sauvages. Le sol est très rocailleux et d’une couleur orange. Toutes les maisons comptent une dizaine de têtes de brebis et moutons, et nous croisions souvent des filles ou des femmes menant un troupeau.
Lentement
mais sûrement, nous nous dirigeons vers le point le plus haut de l’île, vers le temple de la pachamama (la terre mère). La route est entièrement construite de pierres et de petites
arches de pierres. Plus on monte, et plus le vent souffle et le ciel s’assombrit. Sur le chemin, nous rencontrons des femmes qui viennent vendre leurs produits, et elles ne manquent pas de nous
proposer tout leur catalogue en moins de 30 secondes. Là haut, ce sont des ruines qui nous attendent, mais la vue est superbe sur le lac. Celui-ci a une couleur gris cendre, du fait des
nuages et il est teinté d’orange à l’horizon… Par contre tout autour, c’est un désert de pierres à perte de vue et ce paysage hostile me donne froid dans le dos ! La légende veut qu’on fasse
4 fois le tour du site, dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, pour qu’un vœu se réalise. Alors Romain et moi nous exécutons… Il est déjà tard et la nuit commence à tomber très
rapidement, mais pas question de partir sans avoir pris un chocolat chaud à la cannelle accompagné d’un beignet fait maison, le tout sous la pluie. On se croirait en Bretagne !
Heureusement pour nous, la lampe de poche dynamo fait partie du voyage et elle est très pratique sur cette île où les réverbères ne fonctionnent plus depuis bien longtemps. En effet, le gouvernement avait fait « acheminer » l’électricité et fait installer des réverbères, mais suite à une panne du groupe électrogène, personne n’est venu réparer, plongeant la population dans le noir total. Avant de rentrer, nous faisons quelques petites emplettes pour la famille qui nous loge. Là bas tout est bon à apporter : sucre, farine, bougies…
Une fois à la maison, nous prenons le repas dans la cuisine avec toute la famille, à savoir la mère et le frère de Flora, son mari, leur petit garçon et Flora. Là encore, malgré le manque
de moyens évidents, ils ont tout fait pour nous servir au mieux. Le frère de Flora était très curieux et n’arrêtait pas de poser des questions sur la vie en France, le futur métier de Romain …
Quant à la mère de Flora, elle ne parle pas un mot de castillan (ou ne voulait peut être pas). Le dialecte de l’île s’appelle le Aymara, langue incompréhensible à laquelle nous répondions
inutilement par un hochement de tête. Elle était marrante la mamie, habillée avec sa tenue typique et avec sa lampe frontale en guise d’éclairage !
Puis, Flora nous annonce que ce soir là, une fête est donnée à l’honneur de l’arrivée des touristes. Alors direction la chambre où nous revêtons les habits traditionnels : long pancho et chulla (bonnet) pour Romain et pour moi jupe verte (qui te fait des hanches de malade …), chemise blanche brodée de fleurs multicolores, le tout fixé par une ceinture en tissu serré à fond sous les côtes, et un grand foulard noir orné de quelques fleurs roses. Après le repas, il m’était très difficile de bouger dans cette tenue, mais heureusement pour nous, on a eu la brillante idée de garder nos propres vêtements en dessous, car il devait bien faire dans les 1°. En plus du froid, il pleuvait des cordes, alors munis de la torche et dans notre accoutrement Wampas – baroudeur nous nous dirigeons vers la place du village.
Arrivés dans la salle, tout le monde se dévisage sans oser se parler, et l’esprit n’est pas vraiment à la fête. Mais bon, les musiciens sont là, les Peruvian
cancan aussi alors autant se laisser aller… Très vite, la température monte sous ces danses bien rythmiques à couper le souffle (au sens propre du terme ! cf vidéo), et à peine
une danse terminée, voilà la petite villageoise qui t’invite à danser, le tout finissant dans une farandole endiablée ! Photos et vidéos à gogo, franches rigolades, nous voilà partis pour
deux heures de fiesta à la péruvienne. Qui aurait cru que sur ce bout de terre, à cette altitude on s’amuserait comme ça ! Parmi les touristes, il y avait un groupe de néo-zélandais (qui au
passage nous apprirent, je ne sais pas quel moyen que la France avait perdu son 1er match au rugby face à l’Argentine) bien marrants qui n’arrêtaient pas de boire, et 4 espagnols d’une
bonne quarantaine d’années mais qui s’éclataient comme des gosses. Ambiance sympa ! Le frère de Flora était la guest star de la soirée, puisqu’il a joué à la guitare pendant que sa
sœur dansait avec nous. Après 2 bonnes heures de danse, nous repartîmes à la maison car le lendemain nous devions nous réveiller à 5h.
Par chance, j’étais tellement fatiguée que j’ai dormi comme un bébé, par contre Romain lui, qui n’avait pas ouvert son duvet, l’a moins bien vécu. La nuit fut brève et le lendemain difficile à en juger nos têtes sur les photos. On quitte la maison, accompagnés de Flora et une fois le groupe au grand complet, nous reprenons le bateau, direction Taquile.
Adieu Amantani … nous nous reverrons sûrement un jour !
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