Depuis plus d’une semaine, une nouvelle mission m’a été confiée, la première dirons-nous, en-dehors de mes missions pour
Frères des Hommes. Je suis chargé de coordonner la rédaction d’un guide de l’offre productive et touristique de la province de Concepción, située dans la région de Junín.
En effet la province, grâce au soutien du Consorcio Junín, a déjà passé une première étape dans son développement économique local, puisqu’elle a déjà identifié ses
sous secteurs économiques clés. Il lui reste maintenant à en faire la promotion avec comme double objectif :
-
d’augmenter la capacité d’autofinancement des entrepreneurs et producteurs déjà sur place,
-
de trouver des financements externes (régional, national, international). Il existe déjà des investisseurs espagnols, italiens et suédois sur le territoire de
Concepción.
Le guide veillera donc à mettre en valeur l’attractivité de Concepción aussi bien sur un plan touristique, que sur un plan productif. A cet effet, les sous secteurs
économiques ont été classés selon 3 niveaux :
-
prêt à recevoir l’investissement,
-
modérément préparés pour l’offre productive,
-
attractifs.
J’apprends donc le lui matin que je vais coordonne tout ça, et le lundi après-midi première réunion en coup de vent avec le directeur de la DIRCETUR, la direction
régionale du commerce extérieure et du tourisme (représentant régional du ministère du même nom) qui m’explique qu’il « met à ma disposition » un conseiller technique qui pourra m’aider
pendant un mois. Je le rencontre aussitôt, juste le temps de me dire qu’il passera au bureau dans l’après-midi pour me remettre un guide régional similaire …
Je sors de réunion et commence le travail de collecte d’informations auprès du gouvernement régional. Mais l’opération se solde par un échec… En effet, ici
quand l’on souhaite obtenir des données, il faut écrire une carta, lettre formelle où l’on explique les motivations de sa demande, en veillant bien évidemment à être des plus comment
dire … complaisant avec l’autorité en question.
La lettre une fois rédigée par ma sympathique collègue du bureau Sonia, nous nous rendons de nouveau au gouvernement régional le lendemain, où l’on m’apprend que ce
bureau ne dispose pas de ce genre de données. Et l’on me rebascule donc vers un autre bureau … ah les joies de l’administration péruvienne (= administration française puissance dix).
Remarquez, si j’allais faire un tour en Inde, vus les échos que j’en ai, je pense que les péruviens seraient des sprinters à mes yeux.
L’administration fût le premier problème. Le second résidait dans le collègue temporaire avec qui je devrais travailler. En effet une fois rencontré le premier jour
comme je l’ai expliqué, plus de nouvelles … Et contacter quelqu’un au Pérou qui ne vous a laissé que son numéro de fixe, disons que c’est un peu dur. Je réussis néanmoins à le contacter chez lui
un soir, pour convenir d’une réunion. Mais le jour J à l’heure H, même à l’heure H péruvienne (objet d’un prochain post), le conseiller en question n’est pas présent. Premier lapin officiel au
Pérou. Je ne le prends pas mal, conscient qu’arriver en retard ou ne pas venir à une réunion est un sport national ici (avec la bière). Finalement avec l’aide d’un contact influent au
gouvernement régional, je réussis à retrouver deux jours plus tard en plein milieu d’une formation sur le tourisme, non sans avoir écumé tous les bureaux du gouvernement régional auparavant. Il
m’explique qu’il est venu le jour J, mais plus tard, vers 16h00 (notez le « plus tard »), et qu’il n’y avait personne. Sachant que je suis présent tous les jours au bureau à partir de
15h30 … disons que j’étais dubitatif ! Enfin bon, je ne pouvais pas remettre la parole d’un professionnel, qui plus est d’environ 55 ans, en doute, moi stagiaire français de 23
ans !
Je profite de l’occasion pour le ramener au bureau ou nous discutons de l’organigramme que j’avais préalablement préparé, et lui explique que nous allons avoir
besoin de son aide afin de savoir quel type de données nous devrons insérer dans le guide, et que nous devrons fatalement collecter. Et là s’engage un dialogue de sourd dont je vais tenter de
vous retracer l’évolution :
« - Licenciado, nous en avons parlé avec mon collègue et l’on pense que vous pourriez nous aider afin de savoir quel type de
données nous devrons utiliser dans le guide.
- Ah, justement, quelles données voulez-vous qu’on prenne ? »
- C’est-à-dire que nous pensions que vous pourriez nous le dire …
- Ah oui, mais quelles données proposez-vous ?
- En fait, nous comptons sur vous pour nous le dire …
- Je dois parler avec votre collègue parce que c’est un travail d’équipe. Nous devons faire ça ensemble.
- D’accord, mais mon collègue pense la même chose. Justement vous avez l’expertise technique pour nous le dire.
- Oui oui, nous allons voir ça lors de la réunion de lundi prochain, c’est un travail d’équipe vous savez. »
Comme vous pouvez le voir la personne chargée de nous apporter l’assistance technique ne semble pas être d’une grande aide… sentiment malheureux qui sera confirmé
par la suite ! Néanmoins, ce monsieur aura eu la franchise de me dire qu’il ne pourrait participer au processus avant le lundi 1er octobre … ça fait du bien des choses dites
clairement et sans détours. J’en profite donc pour fixer une date pour le 1er octobre sans attendre, expliquant bien pour reprendre sa formule que « nous devons travailler
ensemble ».
Je vous ai donc résumé ici les prémices du travail d’organisation et coordination de la rédaction du guide qui m’attend jusqu’à la fin du stage.